Ma critique ne repose pas du tout sur ton expérience de l'alimentation crue, car honnêtement je pense qu'elle est très difficile à bien équilibrer sur du long terme. Et je partage tout à fait ton point de vue sur le dogmatisme de certains crudivores, et le fait qu'on promette monts et merveilles à ceux qui adoptent cette alimentation, alors qu'on a encore peu de recul scientifique sur l'alimentation 100% crue à long terme. Ce qui me gène ici c'est l'amalgame cru / végétalien et le fait de se baser sur des auteurs isolés et non scientifiques pour affirmer que le végétarisme / végétalisme ne sont pas viables ni bons pour la santé. Des sources contrairement à des Naturopathes obscurs qui affirment des inepties type "si le végétarien est en bonne santé c'est qu'il est en général croyant et que la prière est relaxante"( dixit Masson) il y en a.
Tu dis que répéter un mensonge plusieurs fois n'en fait pas une vérité, alors applique peut être cet adage à Masson, ça n'est pas parce qu'il répète la même chose depuis 40 ans que ça en fait quelqu'un de compétent sur le sujet. Son "expérience" n'a aucun poids scientifique. Il serait peut être temps qu'il mette ses connaissances à jour, parce que depuis 10 ans les choses ont pas mal évoluées, on a un vrai recul sur les alimentations végétariennes et végétaliennes.
Juste un lien où tu trouveras de nombreux liens d'études et d'articles sérieux publiés :
http://www.pcrm.org/ Le PCRM regroupe de nombreux praticiens de santé engagés pour une médecine responsable et totalement indépendants des labos ou des instances de santés publiques US (en France on a l'APSAres, dont fait partie Jérôme Bernard Pellet qui est probablement un des spécialistes de la question en France).
L'association des diététiciens d'Amérique qui regroupe des milliers de praticiens a une position tout à fait favorable au végétalisme. Ces sont tous des organismes très sérieux et totalement indépendants qui fonctionnent de manière collégiale et ne se basent pas sur l'expérience d'un seul praticien pour prendre position sur ce sujet.
Quand aux études, ce qu'il faut prendre en compte sont les méta analyses d'études indépendantes parues dans des revues à comité de lecture. Ecrire des livres n'est en aucun cas une référence en matière de santé. Et puisque tu parles de corrélation et de causalité, le fait d'avoir eu des patients végétaliens en mauvaise santé ne prouve qu'une seule chose : ces gens étaient en mauvaise santé.De là a faire de quelques cas "observés" une vérité sans aucune base statistique n'a aucun poids scientifiquement. Et des végétaliens en bonne santé il n'y en a pas qu'en occident, que dans les pays riches, il y a de nombreux vegans et végétariens en Asie, en Inde, en Amérique du Sud et en Afrique aussi (la Chine a elle seule compterait près de 50 millions de végétariens-végétaliens compris) si cette alimentation menait à la mort comme l'affirme Masson on ferait face à une véritable hécatombe.
La clé d'une bonne santé c'est une alimentation bien menée et effectivement d'adapter son alimentation en fonction de ses propres besoins qui sont différents selon chacun, qu'elle soit omnivore, végétarienne ou végétalienne. Je n'ai jamais dit qu'être omnivore impliquait d'être en mauvaise santé. Il faut bien séparer le fait d'opter pour un choix d'alimentation et le fait de manger suffisamment équilibré pour être en bonne santé. Dénigrer le végétarisme ou le végétalisme sous prétexte que ça n'a pas réussi à certaines personnes n'est pas un argument sérieux.
En prétendant lutter contre le discours des "gourous" celui de Masson se heurte pourtant au même écueil, affirmer sans aucune référence scientifique des choses parfois plus que farfelues et dangereuses.
Je crois qu'il n'y a pas vraiment de dialogue factuel et censé possible et profitable à tous, quand on est dans le refus de la science et des faits au motif que l'expérience personnelle a valeur de vérité générale.